| Climat
en débats. Pour en finir avec les idées
reçues.
Caroline de MALET
17€
180 pages
ISBN : 978-2-915752-35-9
Extraits de l’ouvrage
« Depuis la fin de la guerre froide
et la chute du mur de Berlin, l’inconscient collectif
manque de causes communes, qui participent du ciment
d’une civilisation. Le terrorisme s’est
bien invité au menu des pays occidentaux comme
ennemi public numéro un. Mais si la menace est
perçue comme extrême aux États-Unis
depuis le 11 septembre, il n’en va pas de même
dans tous les pays occidentaux. Surtout, les pays en
développement se sentent moins vulnérables
que nous à cette menace. A la différence
du changement climatique qui, lui, est un thème
mobilisateur pour l’ensemble de la communauté
internationale. C’est le nouvel ennemi à
abattre. Et le fait que les instances religieuses elles-mêmes
s’emparent du sujet montre à quel point
cette cause est perçue comme juste. »
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« De fait, la question du changement
climatique conduit à s’interroger sur la
pertinence de notre mode de vie, à bousculer
les puissants lobbys, à obliger les multinationales
à repenser leur organisation. Cela conduit à
une profonde remise en cause que nombreux ne sont pas
prêts à accepter. Ce n’est pas un
hasard si les freins les plus puissants résident
dans les corps d’Etat qui infiltrent des ministères
influents sur ce sujet, comme les Ponts et Chaussées
de l'ancien ministère de l’Equipement pour
ne citer qu’eux. Tout socialiste qu’il est
(ou a été ?), Claude Allègre
est avant tout un profond conservateur. »
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«La terre se réchauffe, et
alors ? Ce n’est pas la première fois,
avancent les climato-sceptiques. Nous vivons depuis
dix mille ans dans une période interglaciaire.
Aussi une partie des sceptiques, de plus en plus minoritaire,
conteste encore, ou du moins tente de minimiser, le
rôle des activités humaines dans le réchauffement.
Pour ceux-là, la période chaude que nous
traversons serait d’origine naturelle. Dès
lors, chacun y va de son couplet pour substituer des
explications alternatives au facteur anthropique.
Certains sceptiques contestent l’origine humaine
du réchauffement »
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« De fait, « la moitié
de l’incertitude qui explique cette fourchette,
liée à l’évolution à
venir des gaz à effet de serre, est de nature
économique», explique Hervé Le Treut.
En effet, le réchauffement est lié aux
émissions de gaz à effet de serre, donc
à l’activité économique,
à la démographie, au mix énergétique
et aux modes de consommation. Jean Jouzel ne dit pas
autre chose, pour qui « la première source
d'incertitudes, c'est le comportement humain ».
Comment des scientifiques peuvent-ils augurer en effet
à l’avance de ces choix de société
qui dépendent autant de décisions politiques
que de choix individuels ? La seule chose qu’ils
sont en mesure de faire, c’est d’établir
plusieurs scénarios économiques, comme
ceux sur lesquels reposent les scénarios du Giec.
D’où le fait que « seule l’autre
moitié de la fourchette reflète les incertitudes
de la communauté scientifique pour chiffrer l’amplitude
du phénomène ». Aussi le climatologue
américain Gavin Schmidt, cofondateur du blog
realclimate.org, estime-t-il lui, pour sa part, la marge
d’erreur du Giec à 60% ».
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«Le lobby automobile au pouvoir à
Bruxelles.
Depuis des années, se trame dans les coulisses
de Bruxelles une guerre larvée entre la Commission
européenne et les constructeurs automobiles.
L’enjeu de cette bataille à couteaux tirés
: le projet de réglementation européenne
visant à limiter les émissions de dioxyde
de carbone des voitures neuves. Les industriels, menés
par l’Association des constructeurs européens
d’automobiles (ACEA), se sont mis en tête
de vider de sa substance ce projet, actuellement en
discussion. Ses ambitions ont déjà été
réduites à la baisse. Oublié, l’objectif
initial de baisser de 160 à 120 grammes de CO2
le rejet par km à l’horizon 2005! »
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« La séquestration du carbone
: le futur au conditionnel.
Envoyer le CO2 dans le sous-sol ? L’idée
est géniale. Il s’agit d’injecter
le CO2 des plus grosses installations industrielles
de la planète à plus de 800 mètres
de profondeur sous nos pieds.
Cette technique est déjà testée
dans plusieurs sites de la planète, notamment
en mer du Nord, sur la plate-forme de production de
gaz naturel de Sleipner en Norvège exploitée
par Statoil, où 1 million de tonnes est injecté
chaque année à plus de mille mètres
sous le plancher océanique.
Le Giec estime le potentiel au minimum à 2000
gigatonnes de CO2 par an. Pierre Radanne, président
de 4D, y voit même un « potentiel important
», mais « comme solution de transition »,
pour les grands pays émergents qui n’auront
d’autre choix que de recourir au charbon dans
la deuxième moitié de ce siècle. »
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