| Les
mots pour comprendre la cybersécurité
et profiter sereinement d’Internet
Christian AGHROUM
220 pages
12 € TTC
ISBN : 978-2-915752-64-9
En librairie en octobre 2010
« Ceux qui sont prêts à
abandonner une liberté essentielle
pour obtenir temporairement un peu de sécurité
ne méritent ni la liberté ni la sécurité
».
Benjamin Franklin.
Extraits du Dico
Black hat : littéralement
chapeau noir, en opposition au white hat, hacker éthique.
Le terme désigne les hackers se livrant à
des activités illicites. La plupart développent
un égo surdimensionné qui les conduit
à signer leurs méfaits, à taguer
les sites qu’ils polluent. Certains, las de vivre
dans l’anonymat et la clandestinité, finissent
pas se faire embaucher par une entreprise (avant mais
surtout après poursuites pénales …).
Plusieurs conventions Black hat se réunissent
très officiellement, une fois l’an aux
Etats Unis, en Europe, en Asie et au Moyen Orient. Elles
ont pour but de réunir un grand nombre de hackers,
d’échanger des « bonnes pratiques
», de lancer des défis. Les services officiels
n’y sont pas bienvenus mais les présentations
sont disponibles en ligne. Alors, réunion d’experts
en sécurité, de délinquants, un
mix des deux ? Black hats ou grey hats … à
voir !
Renvoi : white hat, hackers, pirate informatique.
Cybersquatting : le
cybersquattage est une technique qui consiste à
squatter une adresse mail, un site web à des
fins « commerciales » ou délictuelles…
la frontière est parfois ténue. Une entreprise
a ainsi tout intérêt à acheter toutes
les extensions relatives à son domaine dès
lors que ces « points » sont disponibles
et en rapport avec l’entreprise : « www.maboiteàmoi.com »
aurait tout intérêt à acheter les
.fr, .ch, .be, .ma, si elle veut travailler en France,
Suisse, Belgique et au Maroc… Il faut racheter
au squatteur les extensions de domaine pré réservées,
il n’y a pas vol en soi, ni contrefaçon,
ni tentative d’escroquerie si l’adresse
n’est pas utilisée…
Certains squattent également un site avec un
nom proche de celui d’une société,
d’une organisation non gouvernementale avec une
volonté de nuire manifeste. Les puristes parlent
alors de « typosquatting ». Désinformation
et intox étant choses régulières
sur internet, quel meilleur moyen pour diffuser une
information tronquée ; dans ce cas « Maboiteàmoi »
devient « maboateàmoa »…
Une veille permanente doit être organisée
par l’entreprise afin de suivre le « qu’en
dira-t-on » sur internet et détecter
ces menaces : buzz n’est pas toujours synonyme
de succès ! Une PME/PMI veillera au moins
à placer le nom de son enseigne en alerte sur
plusieurs moteurs de recherches, c’est gratuit
et cela assure un minimum de protection. Les entreprises
plus importantes recourent à des veilleurs professionnels.
Renvoi : intelligence économique, ingénierie
sociale
Estonie : Le plus petit
des pays baltes (légèrement plus grand
que la Suisse), capitale Tallin. Le pays, avec au nord
la Finlande, à l'ouest la Suède, au sud
la Lettonie et à l'est la Russie, est bordée
par la mer Baltique. Membre de l’OTAN et de l’Union
Européenne depuis 2004, l’Estonie a retrouvé
son indépendance en 1991. Les russophones et
russes d’origine y représentent 30% de
la population.
Peuplée d’1,3 million d’habitants,
l’Estonie se caractérise par un très
fort taux de pénétration d’internet
pour une population urbanisée à 70%. Pionnière
du vote par internet, l’Estonie a adopté
une loi autorisant le vote par téléphone
(muni d’une carte certifiée) dès
2011. L’accès à internet y est inscrit
comme un droit constitutionnel. En août 2007,
plus de 956 000 estoniens soit plus de 70% de la
population, disposaient d’une carte d’identité
électronique, sachant que le dispositif a été
mis en place en 2002 déjà. Principal moyen
d’identification des utilisateurs à l’e-administration,
cette carte permet de signer numériquement, par
exemple les déclarations d’impôts,
de voter aux élections depuis octobre 2005, et
tout simplement d’acheter son ticket de bus. L’ouverture
de l’Estonie aux nouvelles technologies a été
particulièrement marquée dès qu’elle
a recouvert son indépendance en 1991. On remarquera
que cet envol est commun à tous les pays en voie
d’ouverture ; cette réalité
tient au fait qu’il est plus aisé de passer
de « rien à tout » que de gravir
pas à pas l’échelle du progrès
technique.
Le 27 avril 2007, un mémorial de guerre datant
de la période soviétique est retiré
d’un jardin public de Tallinn pour être
transférée en banlieue. L’Estonie
par cette action symbolique affirmerait son indépendance.
En quelques heures à peine, le pays est l’objet
d’une série d’attaques en déni
de service, dite aussi attaque DDOS, visant tout particulièrement
les sites officiels (gouvernementaux, puis banques,
médias, partis politiques).
Le soutien apporté à l’Estonie par
les États-Unis, l’OTAN et les 26 autres
pays européens a été particulièrement
appréciée. La reprise médiatique
forte a ancré définitivement cette attaque
dans les esprits, illustrant ce qu’une attaque
cyber-terroriste pourrait représenter et combien
la cyber défense doit dorénavant être
prise au sérieux.
La conjonction des différents facteurs (symbole
de l’emprise russe, méthode traditionnelle
d’un coup d’Etat par la mise à bas
des moyens de communication, immédiateté
et utilisation d’un ou plusieurs botnets) orientera
naturellement les soupçons vers la Russie voisine.
Aucune conclusion corroborée ne permet à
ce jour officiellement de confirmer ou infirmer l’hypothèse,
mais une attaque similaire sera subie par la Géorgie
en août 2008.
Renvoi : attaque en déni de service, botnet,
Géorgie, Russie, e, carte d’identité
numérique, terrorisme.
Minority Report :
film de science fiction américain, sorti en 2002,
de Steven Spielberg, tiré de la nouvelle éponyme
de Philip K. Dick.
La criminalité n’existe plus en 2054 à
Washington. La police recèle une unité
« Précrime » armée
de trois voyants « précognitifs »
connectés à un ordinateur puissant dont
les prédictions mentales sont directement interprétées
par un opérateur. On est au croisement de la
vision mentale, des fichiers de police, de la localisation
par GPS et autres outils à la Big Brother.
Jon Anderton, interprété par Tom Cruise,
découvre qu’il est le prochain suspect.
Il va commettre un meurtre… Il a 36 heures pour
comprendre, échapper à ses propres collègues
et dénouer l’intrigue. Prolongement ou
variante autour du thème de 1984, cette vision
redoutable d’un monde futuriste dans lequel l’interconnexion
des fichiers, l’alliance des intelligences psychique
et artificielle sous couvert de sécurité
et de bien être transforme l’humanité
en machine à contrôler son prochain. Est-on
libre dans un univers où l’on contrôle
tout à travers les technologies de l’information
et de la communication, même nos pensées ?
Renvoi: CNIL, 1984, Big Brother, Liberté.
MI 5 : services de contre-espionnage
britannique créé en 1909, MI5 pour « Military
Intelligence section 5 » qui est de longue
date sorti d’une simple contre intelligence militaire.
Nul ne doute que le MI5 surveille internet comme tous
les « services » (entre initiés,
on dit juste « services » ;
les non initiés adeptes de sensations, name droppers
et pseudo spécialistes aiment bien employer aussi
ce langage), les services de renseignement donc sont
heureusement appelés à le faire pour notre
sécurité quotidienne ; une confirmation ?
On croit savoir que le MI 5 recruterait aussi sur Facebook.
Ce qui surprend peu quand on connaît la tradition
britannique pour laquelle l’ « intelligence
» est un art, une tradition noble bien éloignée
de la vision latine et tout particulièrement
française qui ne voit dans nos espions et contre
espions que quelques barbouzes endimanchés …
On ne se cache pas en Grande Bretagne, on s’affiche
même au cœur de Londres et l’on recrute
traditionnellement les meilleurs à la sortie
d’Oxford et de Cambridge …
Pour preuve, il suffit de comparer le site internet
du MI 5 et celui (mais est-ce un site ?) de la DCRI
française.
Renvoi : MI 6, DCRI, FSB, réseaux sociaux, chiffrement.
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