| Aimer l’Europe
Robert Toulemon
Préface de Michel Albert
157 pages
13,50 €
Sortie : mars 2007
ISBN : 978-2915752267
Préface de Michel Albert
Le
cinquantième anniversaire des traités
de Rome est célébré alors que
la crise ouverte par l’échec des referendums
français et néerlandais a plongé l’Europe
dans une crise profonde. Les tenants du non n’ont
avancé aucune proposition qui ait la moindre
chance d’être acceptée par nos partenaires.
Ceux du oui, traumatisés par leur défaite,
attendent des jours meilleurs. Jusqu’à présent,
l’Europe n’occupe qu’une place réduite
dans la campagne électorale.
La
Déclaration de Berlin, malgré son contenu
très général, est la meilleure
que l’on pouvait espérer. Les difficultés
rencontrées par Angela Merkel pour obtenir l’accord
des 27 en disent long sur l’état de l’Union.
C’est une Europe à l’anglaise, espace
d’échanges sans ambition politique, qui, à défaut
d’un sursaut, se profile à l’horizon.
L’objet
du livre de Robert Toulemon est d’abord, à partir
d’une connaissance approfondie des processus
européens, de dénoncer les contradictions
qui ont, depuis l’origine, marqué la politique
européenne de la France : vouloir une Europe
politique ambitieuse tout en lui refusant les instruments
institutionnels et financiers de la puissance. Il est
ensuite d’exposer les raisons que nous avons
d’aimer l’Europe telle qu’elle est
et plus encore telle qu’elle pourrait être
si elle retrouvait dynamisme et volonté.
Les
Pères de l’Europe, Jean Monnet en tête,
ont fait confiance trop exclusivement à la
raison. Leurs successeurs ont fait progresser l’Europe
mais sans chercher à la faire aimer et souvent
en s’en servant comme d’un bouc émissaire.
Or une entreprise historique aussi grandiose, aussi
inédite, que celle qui consiste à unir
de vieilles nations longtemps rivales autour des valeurs
de la démocratie et des droits de l’homme,
ne peut réussir sans mobiliser l’engagement
affectif d’un grand nombre de citoyens. On ne
fera pas l’Europe sans Européens.
Parmi
les raisons d’aimer l’Europe, l’une
des plus importantes est celle qui est développée
dans le dernier chapitre de l’ouvrage, intitulé « Une
puissance d’un nouveau type ». Les défis
planétaires auxquels l’humanité est
confrontée appellent une gouvernance mondiale
fondée sur l’exercice en commun d’éléments
importants de souveraineté. L’Europe s’est
avancée plus loin qu’aucun autre groupe
de pays sur la voie de la conjonction des souverainetés.
Sa contribution à la construction d’un monde
vivable pourrait être décisive.
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