| Investir
« responsable ».
En quête de nouvelles valeurs pour la finance
Philippe ZAOUATI
17 €
208 pages
ISBN : 978-2-915752-52-6
Sortie : 30 septembre 2009
Extraits de l’ouvrage
Extrait, avant propos :
La crise financière change fondamentalement la
façon dont le monde bancaire et les circuits
financiers sont perçus par la société.
La complexité croissante des mécanismes
de financement de l’économie et les dérives
évidentes de certains acteurs du monde de la
finance ont conduit à un véritable cataclysme
qui remet en cause une bonne partie du système
lui-même. Dans ce contexte, la gestion de l’épargne,
qu’elle soit investie directement par les particuliers
ou via des investisseurs institutionnels (caisses de
retraite, fonds de pension, assureurs) va devoir tirer
les conséquences de cette situation nouvelle
qui se caractérise par une recherche de la liquidité,
de la simplicité, de la transparence et certainement
aussi par une recherche de sens. A quoi vont servir
concrètement les sommes que j’investis
? Comment puis-je m’assurer que mon épargne
est utilisée de façon saine ? Que mes
placements respecteront a minima certaines valeurs fondamentales
? Que je ne finance pas sans le savoir des entreprises
ou des secteurs économiques qui sont en contradiction
avec mes idées ? Comment puis-je concilier la
rentabilité de mon épargne avec un rôle
social, une incitation à construire une finance
et une économie plus vertueuse ?
Extrait, avant propos :
L'objectif de ce livre n'est pas de faire un panorama
détaillé, et encore moins exhaustif, de
l'investissement socialement responsable en France,
en Europe et dans le monde. Mon propos n'est pas non
plus de rentrer dans le détail des techniques,
ni dans celui de l'évaluation des performances,
ni même de faire une synthèse de la littérature
théorique abondante qui existe sur la recherche
extra financière. Mon objectif se limite ici
à clarifier quelques concepts et à proposer
des réponses aux questions fondamentales qui
se posent aujourd'hui autour de l’investissement
responsable. Trop de discours approximatifs, trop d'utilisation
de concepts flous dans de mauvaises présentations
marketing, trop d'ambiguïté dans les objectifs
décrédibilisent les efforts louables de
nombreux acteurs de la profession pour faire émerger
une nouvelle voie de la gestion d'actifs. Il me paraissait
important de clarifier le discours et de dresser les
conditions d'un succès pérenne de l'investissement
responsable.
Quelles sont donc ces questions fondamentales
? Il en existe me semble-t-il trois grandes catégories.
L’objectif est-il bon ? Les acteurs sont-ils pertinents
? Les moyens utilisés sont-ils efficaces ?
L’objectif de l’ISR est-il
bon ? Est-ce une bonne chose que les investisseurs cherchent
à orienter individuellement la finalité
de leur épargne ? Du point de vue de l’utilité
collective, non seulement pour les critères sociaux
et environnementaux en question, mais aussi pour le
fonctionnement du financement de l’économie,
est-ce souhaitable ? Est-ce compatible avec un fonctionnement
libéral et capitaliste de l’économie
? L’ISR est-il un moyen d’améliorer
le fonctionnement de l’économie libérale
ou au contraire une alternative critique à cette
économie basée sur la rentabilité
et les profits ?
Les acteurs sont-ils pertinents ? Dans
l’hypothèse où nous répondons
positivement à la première question, c’est-à-dire
si nous sommes convaincus que l’ISR a des objectifs
pertinents, est-ce que les gérants d’actifs
sont les mieux placés pour piloter cette orientation
de l’épargne et répondre à
ce besoin ? N’est-ce pas plutôt le rôle
des gouvernements, de l’Onu ou des ONG ? N’y
a-t-il pas un risque de dévoyer ces objectifs
au seul profit des acteurs de l’industrie financière
?
Et enfin, les moyens sont-ils efficaces
? Les techniques de gestion ISR permettent-elles en
fin de compte d’atteindre les objectifs fixés
? Améliore-t-on vraiment le comportement social
des entreprises grâce à l’investissement
responsable ? L’engagement des gérants
ISR pousse-t-il vraiment les entreprises à respecter
un peu plus l’environnement ? A partir de quel
pourcentage de l’épargne investie en ISR
commence-t-on à voir des effets concrets, tangibles,
mesurables ? Concrètement, quels sont les résultats
que l’on peut attribuer, dès aujourd’hui,
exclusivement à la gestion ISR ?
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