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L’Iran et le nucléaire, les tourments perses
François GÉRÉ
 
 

L’Iran et le nucléaire, les tourments persesL’Iran et le nucléaire, les tourments perses
François GÉRÉ

176 pages
Prix : 16 €
Sortie : mai 2006
ISBN : 2-915752-12-5

Extraits de l'ouvrage

Nucléaire et identité nationale
« Il n’est que de jeter un regard sur l’Inde et sur le Pakistan, pour ne rien dire de la France des années 1960, pour établir un lien puissant entre le sentiment patriotique, la revendication d’une identité nationale et l’arme nucléaire, conçue autant comme un outil de sécurité que comme la brillante démonstration d’une prouesse technologique. On se proclame en même temps fort et intelligent. Toutefois, l’argument et le processus sont réversibles. Le nucléaire militaire contribue à l’enracinement de l’identité nationale au moins autant qu’il en procède. Dans le cas de l’Iran, cette affirmation porte aussi bien sur le développement des activités civiles que sur un hypothétique prolongement dans le domaine des armements. Mais de quel nationalisme faut-il parler ? N’est-il qu’un mythe actif puisant dans les racines aussi prestigieuses qu’archéologiques d’un empire de haute antiquité ? Le shah s’était essayé à cet exercice de résurrection de la fierté des vestiges. Avec, à la clef, le désastre que l’on sait. »

Pétrole et nucléaire
« Certes, la richesse énergétique constitue un atout indéniable, mais elle pèse aussi lourdement sur l’économie, dont elle freine le dynamisme. La rente pétrolière énerve l’esprit d’entreprise plus qu’elle ne le stimule. La manne est assez importante pour permettre de calmer les frustrations sociales par un réseau d’organisations dites charitables (les « bonyads »), qui ont fini par constituer une économie toute particulière, obéissant à sa logique propre. Paradoxe, exportateur de pétrole, l’Iran est importateur d’essence, en raison d’une capacité de raffinage insuffisante. »

Complexité du pouvoir
« La complexité de la décision et de la distribution du pouvoir en Iran présente une redoutable originalité. Savoir qui y détient la légalité du pouvoir et qui détient le pouvoir de décision pose un défi aux meilleurs analystes. A ce point que, découragés et exaspérés, certains finissent par accuser l’opacité d’un système incohérent, frisant l’aléatoire. »

« Le régime iranien se présente moins comme un gouvernement que comme un agrégat de centres de pouvoirs rivaux », écrivait en 1996 Scott McLeod, correspondant du Time à Téhéran. Sept ans plus tard, Mohsen Mirdamadi, président de la commission des affaires étrangères du Majlis (le Parlement iranien), déclarait : « I l n’existe aucun consensus entre les groupes politiques au pouvoir quant à la manière dont on peut assurer la sûreté nationale, améliorer la position du pays sur l’échiquier international… Il s’agit d’une tension et d’une concurrence entre les piliers du pouvoir. »

Le président Ahmadinejad
« Dans ce réseau, qui fait que les adversaires n’en sont jamais vraiment jusqu’au moment de la rupture meurtrière, le président Ahmadinejad fait figure de corps étranger. Tout l’oppose en tous cas à son principal adversaire aux présidentielles de l’été 2005, le trop puissant et trop riche Hashemi Rafsandjani. Ce dernier, après avoir été président de la République durant huit ans, puis président du Parlement, a perdu les présidentielles de 2005 par la volonté du Guide suprême, mais est revenu aux commandes du Conseil de discernement, d’où il surveille de très près l’évolution de la politique conduite par Ahmadinejad. »

« Populiste, profondément croyant, ignorant du monde extérieur, enfermé dans ses certitudes et dans ses croyances, l’homme a-t-il l’envergure qui lui permettrait de « rafler la mise » en s’emparant de la réalité du pouvoir au nom d’une fidélité à l’esprit de la révolution et de Khomeiny, et en se fondant sur la force dont disposent les Gardiens ? Publiquement, il fait figure, à 50 ans, de  « petit jeune », sous l’oeil des autorités établies. N’est-il pas en mesure de bousculer leur pouvoir, comme il l’a fait déjà partiellement en remportant les élections présidentielles ? Il lui faudrait passer sur le corps d’institutions qu’il ne contrôle pas. A côté de lui, d’autres personnalités de sa génération (Mohsen Rezâï, né en 1955, ou Mohammad Ghâlibaf, né en 1961, voir le lexique) peuvent être le matin des alliés, le soir des rivaux, dont il devra se débarrasser sans pitié dans sa marche vers le pouvoir. »

L’Iran n’est pas l’Irak !
« Il est trop fréquent d’entendre dire qu’après l’Irak, l’Iran pourrait constituer la prochaine cible d’une entreprise militaire américaine. Mais, en réalité, les expressions comme « Etats voyous », « axe du Mal », agrégent artificiellement des potentiels de puissance totalement différents. En recourant à ces images très éloignées des réalités, les autorités politiques risquent d’en être autant les manipulateurs que les victimes manipulées. »

Leçons d’une guerre
« Quels enseignements en ont retiré les autorités iraniennes ? »

« Avant tout, se mettre à l’abri d’une nouvelle agression de cette sorte devint une priorité. Pour y parvenir, on peut considérer que Téhéran adopta une double attitude. Sur la scène internationale, il condamna solennellement et de manière affichée les armes de destruction massive. Cette aversion fut renforcée au plan intérieur par une prise de position religieuse : l’emploi de ces armes était contraire à l’islam. Mais rien ne nous dit si la dissuasion, par le seul effet de la détention de ces mêmes armes, ne serait pas éthiquement acceptable. »

« Par ailleurs, l’Iran n’a cessé de développer des capacités dans le domaine des missiles balistiques. Le raisonnement militaire est simple et classique : «  Notre pays doit disposer de cette arme meurtrière dont nos ennemis sont déjà dotés : l’Irak, Israël et d’autres », dit-on à Téhéran, citant notamment l’acquisition du CSS 2 chinois par l’Arabie Saoudite en 1986, dans un environnement peu amical. De temps à autre, l’Iran diffuse de curieuses informations sur des fournitures de technologie nucléaire à l’Arabie Saoudite par le Pakistan. »

Les Etats-Unis et l’Iran
« Ainsi, dans cette courte relation historique, vingt-cinq ans d’hostilité et d’incompréhension récente équilibrent largement la période précédente de bonnes relations, qui n’eurent pas le temps d’un enracinement culturel profond. L’absence de dialogue actuel, fort dommageable en temps de crise nucléaire ouverte, constitue une explication utile d’un malentendu auquel on peut espérer remédier. Il constitue tout autant un facteur d’aggravation pouvant conduire à une escalade aux extrêmes. Les conversations avec les responsables politiques iraniens et, c’est presque plus grave, avec des experts intelligents et appliqués révèlent des abîmes d’incompréhension de la culture politique et des modes de pensée des uns et des autres. »

La France et l’Iran
« Un regard sur ces trente dernières années donne à penser que la France semble finalement incapable de définir une position et surtout de s’y tenir. Elle divague au gré de dissensions diplomatiques internes, d’intérêts politiques et commerciaux parfois liés, et d’espérances de gains de toutes sortes, sans que la cohérence générale soit imposée et le cap maintenu. Pour être équitable, constatons que les Etats-Unis font à peine mieux… mais plus fort, et l’emportent – parfois mais pas toujours – à l‘arraché. »

Israël et l’Iran
« Vu d’Iran, le sionisme constitue un ennemi quasi « héréditaire » qu’il faut combattre par principe, jusqu’à l’élimination totale pour les plus extrémistes, de Khomeiny à Ahmadinejad. Mais de là à utiliser l’arme nucléaire, et connaissant, de surcroît, les capacités de riposte israélienne, il y un très grand pas, difficile à faire. Même la haine raciale est tempérée par la perspective de hasarder sa propre existence. A tout hasard, l’assurance nucléaire constitue donc une bonne carte… pour chacun des acteurs ! »

« Autant, sans état d’âmes, Téhéran pourrait tirer des missiles balistiques dotés de charges explosives conventionnelles sur Tel-Aviv (mais sûrement pas sur Jérusalem !), autant le recours au nucléaire, et même au chimique ou au biologique, semble improbable. Qu’il soit même permis de suggérer qu’en tirant des missiles balistiques, Téhéran prendrait la précaution de prévenir qu’il ne s’agit que de charges classiques. Encore faudrait-il s’assurer que l’adversaire croit le message. On mesure la hauteur des risques de dérapage, et s’engager dans cette voie reste très difficilement envisageable. »

Les fondamentaux de la défense iranienne
« La position officielle de l’Iran en matière de défense repose sur deux grands principes : d’une part, les armes de destruction massive sont contraires à la religion islamique ; de l’autre, l’Iran n’a pas besoin, pour assurer sa défense, de recourir à de telles armes en raison de la puissance de ses forces conventionnelles et de la résolution de son peuple à se défendre contre toute agression. »

Les forces iraniennes conventionnelles
« L’arsenal des forces iraniennes apparaît finalement comme un agrégat passablement hétéroclite de moyens anciens (les vieilles mines magnétiques nautiques) et de systèmes d’armes nettement plus sophistiqués (drones, missiles sol-air). Très probablement, ces capacités ont été fournies, pour expérimentation, au Hezbollah afin de les tester contre les défenses anti-aériennes d’Israël en 2004. La surprise a joué, momentanément, en leur faveur. Ces expérimentations, instructives, ne sauraient vraiment préjuger d’un bond qualitatif des capacités iraniennes. Au contraire, ils indiquent la recherche, l’essai de ceux qui explorent des domaines mal connus. L’Iran se révèle tâtonnant mais profondément curieux, dans une logique de développement d’une stratégie des moyens ambitieuse, au moins dans ses objectifs techniques. »

L’Iran en Irak
« Bien qu’Ahmed Chalabi soit arrivé en Irak comme « l’homme des Américains », il fut rapidement amené à prendre la mesure de l’influence iranienne et à se rapprocher, sous l’influence de son frère, du jeu chiite classique. Les Etats-Unis crurent alors opportun de « lâcher » brutalement Chalabi. C’était se faire un adversaire de plus, dont le réseau d’influence pèse encore lourd dans le jeu irakien. »

« La puissance iranienne en Irak tient aussi à la qualité de son information sur la situation tant politique que militaire. La diplomatie iranienne joue sur les nombreux registres qu’elle connaît de longue date et qu’elle a su créer, exploiter et développer, pas toujours avec succès sans doute, même si elle constitue une puissance profonde sur le terrain. Connaissance qui fait totalement défaut aux Etats-Unis, en dehors de quelques remarquables analystes que l’Administration Bush a catégoriquement refusé d’écouter ou de lire. »

L’industrie électronucléaire iranienne : projets, programmes et réalités
« Un premier programme de 7 000 MW comportant sept réacteurs est prévu pour 2025. L’OIEA a également annoncé la construction d’un réacteur de 300 MW par une compagnie iranienne dans le Kouzistan. »

« Les prévisions pour 2050 sont aussi ambitieuses que celles du shah au début des années 1970. C’est en effet un total de vingt-cinq centrales qui est envisagé. Les premières seraient achetées à la Russie, tandis que, progressivement, l’industrie iranienne parviendrait à maturité. Ainsi, par un retournement paradoxal, les revenus du pétrole et du gaz finiront par financer la création de leur remplaçant. Ce choix stratégique de long terme n’a rien d’absurde. Encore convient-il que, sur le court terme, le développement du reste du pays et le relèvement du niveau de vie n’en soient pas les victimes. »

Pourquoi la négociation entre l’Iran et l’UE3 a-t-elle échoué ?
« Les causes de l’échec de l’initiative de l’UE3 sont à trouver dans le malentendu initial : la reconnaissance du droit de l’Iran à développer une industrie nucléaire civile incluant des activités d’enrichissement d’uranium. Afin de trouver une solution négociée, Téhéran a accepté le principe d’un moratoire sur ses activités d’enrichissement, conservant à l’esprit que cette démonstration de bonne volonté ne pouvait qu’être temporaire. Or, dans l’esprit des diplomates européens, l’évolution de la négociation devait aboutir à leur objectif fondamental : s’assurer de l’arrêt complet des activités d’enrichissement. Cela revenait à dire à l’Iran : « Nous reconnaissons votre droit à exercer souverainement en tant que membre du TNP un certain type d’activité nucléaire essentielle pour le développement d’une industrie électronucléaire, mais nous vous demandons instamment dans les faits de renoncer à l’exercice de ce droit. »

De quoi disposent vraiment les Iraniens ?
« Se hasarder dans cette terra incognita revient à entrer dans la jungle d’un affrontement déjà engagé, qui constitue d’ailleurs le révélateur de la gravité de la crise et de sa possible escalade vers la guerre. C’est la lutte entre information et désinformation, entre intoxication délibérée et incapacité à interpréter correctement un fait attesté. »

« L’amiral Jacoby, directeur du renseignement militaire, dans son témoignage du 16 février 2005 devant le Congrès américain, n’était pas parvenu à donner des informations précises, employant à propos de la détention par l’Iran de l’arme nucléaire la formule « au début de la prochaine décennie » (« early in the next decade »). Constatant l’insuffisance des renseignements sur les capacités militaires tant conventionnelles que nucléaires de l’Iran, les parlementaires américains ont demandé l’établissement d’une évaluation de renseignement, le NIE (« National Intelligence Estimate »), rendue partiellement publique en août 2005. La conclusion la plus frappante est que l’Iran se situe à plusieurs années (six à dix ans) de la capacité à disposer d’armes nucléaires. »

Le développement de la manoeuvre psycho-politique iranienne (2005-2006)
« De son côté le gouvernement du président Ahmadinejad n’entend pas rester passif. A peine arrivé au pouvoir, et forcément avec l’accord des autorités suprêmes, car, à lui seul, il n’aurait pu bousculer la diplomatie aussi soudainement, il choisit de radicaliser la position diplomatique de l’Iran, jugée trop conciliante et trop « défensive ». Conformément à leur habitude, les dirigeants iraniens pratiquent l’art de tout dire et… son contraire. »

« Au début de l’année 2006, le gouvernement iranien a commencé à brandir la menace de restriction sur la production de pétrole de manière à faire monter les prix. Deux mois plus tard, les mêmes responsables déclaraient «  n’avoir pas l’intention de provoquer une crise mondiale aussi grave que celle de 1929 » (sic). A cela s’ajoute le souci de ne pas se pénaliser soi-même en réduisant les recettes du secteur énergétique. »

Pour ou contre des sanctions
« La liste est longue tant les moyens sont divers. Un régime complet, donc « dur », ne pourra pas produire d’effets immédiats. Son choix démontrerait une résolution dont l’impact tant politique que symbolique n’est pas à négliger. Un tel scénario suppose le ralliement très ferme de la totalité des Etats occidentaux, de la Russie et de la Chine. Mais, même dans ce cas, il faudra attendre plusieurs années pour que les effets soient assez significatifs et que l’Iran soit conduit à infléchir sa position. »

« En revanche, des sanctions limitées, « molles », ne produiront aucun effet. Au contraire, leur inconsistance renforcera l’Iran dans sa détermination. Elles contribueraient à discréditer l’ONU, perçu une fois de plus, mais à un niveau de gravité supérieur, comme un organisme impuissant, voire néfaste. »

Les scénarios militaires 
« Une fois épuisées toutes les voies pacifiques, les pressions et les incitations économiques, se posera la question du recours à la force. Cette option peut emprunter la voie du Conseil de sécurité des Nations unies afin d’obtenir une légitimité ou procéder, au cas par cas, de la décision unilatérale d’un certains nombre de pays de s’allier pour contraindre l’Iran. »

« Dès lors, le Conseil de sécurité aurait à prendre en compte les propositions de sanctions plus dures se haussant au niveau militaire, par exemple un blocus du détroit d’Ormuz afin de couper la sortie des tankers iraniens, sorte de répétition de la situation de 1985-1988. »

« A ce stade, ces différentes options sont prises en compte (c’est leur métier) par les planificateurs militaires américains. Elles sont tenues pour excessivement hasardeuses par les experts. Mais qui écoute qui aujourd’hui à la Maison-Blanche ? »

« En fonction du degré de gravité, on peut distinguer trois catégories de scénarios. »

Que veut l’Iran ?
« Tout d’abord, au niveau du nucléaire en général, l’Iran souhaite :

- développer une industrie électronucléaire civile, comportant l’ensemble des filières jugées utiles, et accéder au rang de puissance nucléaire au même titre que l’Allemagne ou le Japon. « L’enjeu est de pouvoir maîtriser dans leur ensemble les cycles de production ;

- se placer, de ce fait, en position de pouvoir accéder rapidement, s’il paraissait nécessaire de prendre une telle décision, à la fabrication et à la mise en œuvre opérationnelle d’un nombre limité d’armes nucléaires ;

- faire apparaître de manière résolument incertaine mais suffisamment assurée qu’il se trouve dans cette position (une sorte d’attente stratégique et d’ambiguïté délibérée proche de la « posture stratégique israélienne »). »

Etat du débat et des controverses : que peut-on encore faire ?
« A mesure du développement de la crise, et tandis que le risque d’une impasse totale se confirmait, la querelle publique des experts indépendants, jusqu’alors plutôt feutrée, a pris une tournure plus agressive. On a vu les Américains se partager sur le degré d’avancement des programmes iraniens et sur la qualité des matériels. Les théologiens de la non-prolifération, souvent farouchement anti-nucléaires comme Gary Millholin, doivent être distingués des pragmatiques, tels que le groupe du MIT, la cellule de non-prolifération de la Fondation Carnegie pour la paix ou encore l’ISIS, dirigé par David Albright. »

« Nombreux dans l’administration française sont les grands et petits prêtres de la condamnation et de la rigueur dans la lutte contre la prolifération. Ils ne manquent certes pas d’arguments pour faire valoir les manquements et les risques liés à l’activité nucléaire de l’Iran. Malheureusement, au-delà, ils sont dans l’incapacité de proposer des solutions réalistes. »

L’Iran nucléaire : une fatalité ?
« Certains experts et un grand nombre d’hommes politiques considèrent que, tôt ou tard, l’Iran finira par se doter de l’arme nucléaire. La puissance du pays, sa stature, ses compétences l’amèneront fatalement au but que ses dirigeants poursuivent depuis plus de trente ans. Ce n’est qu’une affaire de quelques années de plus ou de moins. Cette position, plus répandue qu’on ne croit et circulant dans des milieux extrêmement différents, voire franchement opposés, exige un examen critique. Il convient de partir d’une approche non déterministe et de considérer les choix de destin qui peuvent s’offrir à l’Iran.
 

 
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