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Entrons dans le management d'après
Gérard SCHOUN
 
 

Entrons dans le management Entrons dans le management d'après
Gérard SCHOUN

Avec les contributions de Dorothée Briaumont, Laurent Combalbert, Maximin Charpentier, Didier Davydoff, Jacques de Saint-Front, Pierre-Yves Gomez, Jacques Huybrechts, Saïd Ibrahimi, Pascale Levet, Michel Meunier, Nicole Notat, Olivier Peyrat, Yann Rolland, Charles-Henry Toupet et Michel Veillard.

156 pages
20 € TTC
En librairie en novembre 2010
ISBN : 978-2-915752-65-6

Extraits de l'ouvrage

Introduction
« Rien ne sera plus comme avant, entrons dans le monde d’après ». L’invitation du Grenelle de l’Environnement en appelle une autre : « entrons dans le management d’après ». Car le monde d’après la crise ne se fera pas avec le management d’avant. Le management du monde d’après devra concilier performance et responsabilité, croissance et légitimité pour retrouver le sens de la mesure et de l’équilibre.

A la fin du siècle dernier, l’approche du re-engineering fut le point culminant d’une révolution visant à maximiser la productivité des organisations et leur capacité à générer du profit. Une révolution qui a tourné court. Chacun perçoit aujourd’hui qu’il ne s’agit plus seulement de réinventer la mécanique du fonctionnement de l’entreprise, mais de refonder sa légitimité, d’interroger son éthique, de concevoir différemment sa création de valeur. Une nouvelle voie s’impose, que j’appele re-imagineering, en clin d’œil et contrepoint à sa célèbre devancière. Le re-imagineering questionne en permanence les finalités, les représentations et les pratiques du management au regard de la notion de responsabilité. Pour autant, il ne s’agit pas de faire table rase du passé mais d’utiliser un savoir existant et fragmenté pour le recomposer de manière créative.

Au demeurant, qu’est-ce qu’une entreprise ? Un projet partagé certes mais un projet défini par qui, partagé par qui, un projet enfin pour quoi faire ? Où s’arrête la responsabilité de l’entreprise ? D’où tire-t-elle sa légitimité ? Que produit-elle, des biens, des liens ? Questions qui se rajoutent à une feuille de route déjà chargée pour ceux qui sont aux commandes. Questions d’autant plus difficiles que la culture dominante est celle du temps réel, de l’éphémère et de l’apparence, une culture qui brouille les repères et engendre l’activisme, seule attitude apparemment viable quand les buts sont hors de vue ou éclatés en une myriade d’injonctions contradictoires.

La première partie cet ouvrage décrit douze leviers essentiels pour instiller une responsabilité élargie et imaginer un management différent. Chacun, tel un ingénieur du son sur un film, pourra bouger ces douze curseurs au gré de ses préférences personnelles et du contexte singulier de l’organisation. Les stratégies monolithiques ont vécu. Durer exige de plus en plus de souplesse, d’imagination, de finesse et de responsabilité.

Le management n’existe que par ceux qui l’incarnent. L’idée s’éprouve dans le débat et l’action. Les douze leviers de la première partie renvoient en miroir, dans la seconde, à une galerie de douze problématiques en lien étroit avec la responsabilité sociétale. On y rencontre des hommes et des femmes passionnés qui, chacun à leur place - entrepreneurs, chercheurs, consultants - participent à la création d’un nouveau management, le management d’après. Ces hommes et ces femmes n’ont beau parler que de leurs sujets de prédilection, ces derniers en disent long sur les promoteurs. Puissent-ils en inspirer bien d’autres !

Apprivoiser le changement

« On appelle continuité ce qui délivre les choses de leur torpeur et les met en mouvement. On appelle changement ce qui leur confère une autre forme en les ajustant les unes aux autres. Quant à ce qui les exalte pour les rendre accessibles à tout homme… c’est ce qu’on appelle le domaine de l’action. »
YI KING

C’est l’histoire de quatre personnages, deux souris, FLAIRE et FLÈCHE, et deux minigus, POLOCHON et BALUCHON, ces derniers ressemblant à des humains en miniature. Nos quatre personnages habitent un labyrinthe qu’ils parcourent sans relâche à la recherche de fromage. Les deux souris parcourent de bout en bout un premier couloir et, s’il est vide, tournent les talons pour passer au suivant, elles mémorisent ainsi les zones sans fromage et explorent d’autres contrées. Les minigus utilisent leur intelligence pour élaborer des méthodes de recherche plus élaborées.
Tous les quatre finissent par mettre la main sur leur fromage préféré au bout d’un couloir de la gare fromagère F. D’où vient ce fromage et qui l’a placé là, ils n’en ont pas la moindre idée. Toujours est-il que, petit à petit, les minigus considèrent ce fromage comme le leur.
Un matin, les souris constatent que le fromage a disparu. Voilà déjà quelque temps, elles avaient remarqué que le stock se réduisait de jour en jour. Préparées à l’inévitable, elles repartent dans le labyrinthe à la recherche d’un nouveau fromage. Au contraire, quand POLOCHON et BALUCHON arrivent, leur surprise est totale. POLOCHON analyse la situation encore et encore, mais son puissant cerveau ne lui livre pas le sens de cette injustice. De temps à autre, BALUCHON imagine FLAIRE et FLÈCHE découvrant un nouveau fromage. La vie n’est qu’une succession de changements, parfois temporaires, parfois irréversibles, pense-t-il. Après avoir essayé vainement d’en convaincre POLOCHON, il se décide à repartir dans le labyrinthe.
Il connaît des échecs mais la confiance est revenue. Il a percé le secret de la réussite : avoir confiance en l’avenir, même si on ne peut jamais savoir de quoi demain sera fait, ne pas être en proie à la peur. La peur qu’on laisse s’installer est toujours pire que la réalité des choses. BALUCHON affronte le dédale avec une énergie décuplée. Au détour d’un nouveau couloir, un rayon de lumière dans le noir. Il pénètre à l’intérieur de la gare fromagère N et n’en croit pas ses yeux. Du sol au plafond se dresse le plus gros stock de fromage qu’il ait jamais vu. Il aperçoit FLAIRE et FLÈCHE en train de grignoter.

SPENCER JOHNSON nous a fait cadeau de cette fable édifiante qui illustre un autre des leviers du management d’après, la capacité à apprivoiser le changement… ou les changements devrais-je dire en référence à l’un des ouvrages fondateurs de la célèbre école de Palo Alto. Car pour son auteur, PAUL WATZLAWICK, il y a deux types de changement.

 

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