Lignes de Repères Lignes de Repères Lignes de Repères Lignes de Repères
  Lignes de Repères
  Accueil   Lignes de Repères
  Lignes de Repères
Présentation Lignes de Repères
  Lignes de Repères
Catalogue Lignes de Repères
  Lignes de Repères
A paraître Lignes de Repères
  Lignes de Repères
News Lignes de Repères
  Lignes de Repères
Mises à jour Lignes de Repères
  Lignes de Repères
Dossiers thématiques Lignes de Repères
  Lignes de Repères
Evénements Lignes de Repères
  Lignes de Repères
Votre avis Lignes de Repères
  Lignes de Repères
Contacts Lignes de Repères
  Lignes de Repères
Partenaires Lignes de Repères
  Lignes de Repères
Crédits Lignes de Repères

 

Lignes de Repères
 

 
 

 
L'opinion européenne en 2010
Sous la direction de Dominique REYNIÉ
 
 

L'opinion européenne en 2010L’opinion européenne en 2010
Sous la direction de Dominique REYNIÉ

Dominique Reynié, professeur des universités à Sciences po, est directeur général de la Fondation pour l’innovation politique.

256 pages
19 €
Sortie : avril 2010
ISBN : 978-2-915752-59-5

 

Extrait de l'ouvrage

Préface de l’ouvrage

L’Europe avance au pas des nations alors que le monde court au rythme des Etats-continents. Telle est la principale leçon qu’on peut tirer de la crise économique et financière. Elle présente deux caractéristiques contradictoires : dans la crise, l’Union européenne a fait bonne figure et a su résister aux vents mauvais ; à l’occasion de la crise, elle mesure l’ampleur des défis qui lui sont lancés et qui doivent ouvrir une nouvelle page de l’histoire de son intégration.

Le bouclier de l’euro s’est révélé efficace dans la tourmente financière. Le système d’économie sociale de marché issu du modèle rhénan, il y a peu décrié, a « amorti » les chocs et permis de protéger un modèle bien enviable dans une économie mondiale de plus en plus compétitive. Mais la sortie de crise montre, s’il en était besoin, que rien n’est acquis et que le répit reste éphémère sans un nouveau sursaut de l’Europe. Les défis démographiques, industriels, technologiques, sécuritaires sont nombreux ; ils exigent un nouvel élan, des réformes européennes et nationales, vraisemblablement de nouveaux sacrifices. Les Européens seront-ils prêts à les faire ?

A ausculter l’opinion européenne, il est permis d’en douter. Installée confortablement à l’abri du marché unique, fière de ses règles et convaincue de la force du droit, elle pense vivre dans un monde multipolaire ; la richesse étant mieux partagée, elle rêve de multilatéralisme et d’une communauté internationale civilisée. Or un monde de compétition multipolaire se dessine sous nos yeux ; une lutte, encore pacifique, pour imposer un modèle, une course aux ressources devenues plus rares, un combat pour la survie se font jour.

Le mouvement d’intégration européenne avait bien anticipé la mondialisation, la multiplication des échanges, la concurrence planétaire. Il avait même prédit, en quelque sorte, l’avènement des Etats-continents, c’est-à-dire non pas la fin des nations mais leur changement de taille. Or l’Union européenne n’est pas un Etat. De ce fait, elle n’a pas sur la scène mondiale, le poids réel de son économie et de sa richesse. Paraissant perpétuellement divisée, elle n’est pas une puissance puisqu’elle refuse de s’en donner les attributs, c’est-à-dire une voix unique dans les enceintes internationales, qui parle fort, à la hauteur de ses succès et du message qu’elle veut transmettre.

C’est vraisemblablement la raison pour laquelle l’opinion publique manifeste des doutes à l’égard d’une construction communautaire pourtant plus actuelle et plus pertinente que jamais. L’absence d’ambition et de courage des décideurs, de perspectives précises et de vision à long terme, assumée et revendiquée donnent une impression de lenteur et de prudence qui pourrait être gravement dommageable à l’ensemble du continent. En quelque sorte l’opinion est sceptique envers l’intégration européenne faute d’intégration suffisante.
On objectera qu’il est unique, difficile et un peu utopique de vouloir unir des nations millénaires, si riches de leurs histoires, si pétries de leurs différences, si attachées à leurs identités. Et c’est vrai. Mais ce n’est déjà plus un rêve, c’est une réalité. L’intégration européenne a atteint un niveau élevé de partage des souverainetés étatiques. Mais elle reste inachevée et l’Union peine à entrer dans la sphère politique, à franchir les étapes déterminantes d’une véritable union politique, qui exigent de changer le cadre de l’action collective et celui de l’exercice de la démocratie pour atteindre au supranational et parachever un véritable fédéralisme.

C’était le message d’origine des Pères fondateurs de l’Europe et leur ambition. N’en sous-estimant pas la difficulté, ils avaient choisi de créer « des solidarités de fait » pour que peu à peu s’accomplisse ce que la sagesse, la raison et la nécessité imposent aux Etats membres de l’Europe : une véritable union.

En l’absence de circonstances dramatiques ou de leaders visionnaires, l’unification européenne en est restée à ce stade de doutes et de réalisations concrètes solides mais aussi de fortes attentes. Telle est la photographie de l’opinion européenne aujourd’hui. Diverse, unie, finalement très intégrée dans une planète dans laquelle elle est démographiquement minoritaire et politiquement enviée parce que démocratique, protectrice des droits de la personne et solidaire.

Jean-Dominique Giuliani

Retour catalogue >>>