| L'opinion
européenne en 2008
Dominique REYNIÉ (Dir.)
240 pages
Prix : 19 €
Sortie : mars 2008
ISBN : 978-2-915752-33-5
Extraits
L’avènement d’un
stato-scepticisme européen (p. 35-36)
La nouvelle donne historique que déterminent
l’effondrement du communisme et la mondialisation
est à l’origine de la relance de la demande
d’Europe. Les grandes missions de l’après-guerre
ont été accomplies. Le vieux continent
a été pacifié. Selon les pays,
la démocratie a été fortifiée
ou s’est installée et, dans ce cas, le
plus souvent afin de pouvoir rejoindre l’Union,
ce qui vient d’être accompli, entre 2004
et 2007, pour la plupart des anciens pays du bloc communiste.
En cinquante ans, l’Europe a montré que
l’on pouvait combiner croissance économique,
sécurité sociale et progrès humain.
Dans l’opinion européenne, on voit poindre
puis se déployer une préoccupation inédite
pour l’avenir des nations européennes au
cœur d’un monde que l’on sait en plein
bouleversement. Habitués depuis longtemps à
se trouver au centre de l’histoire et du côté
des vainqueurs, les Européens s’interrogent
désormais devant le surgissement de nouveaux
défis qu’ils jugent redoutables pour tous
mais peut-être plus encore pour eux-mêmes
: le crime organisé, la menace terroriste, les
risques de conflit entre les civilisations, les tensions
liées aux identités religieuses, dans
le monde et en Europe, les relations compliquées
avec l’immigration, elle-même rendue de
plus en plus nécessaire par notre vieillissement
démographique, le réchauffement climatique
et, plus largement, la question du développement
durable, la prévention des grandes épidémies…
Tous ces périls, chacun de ces défis,
expriment la face inquiétante de la globalisation.
L’opinion redécouvre l’Europe. Elle
trouve dans les principes et les institutions de l’Union
les ressources nécessaires pour éviter
les écueils redoutés autant que pour tirer
les dividendes du monde nouveau. C’est une chance
historique que les gouvernements nationaux et l’Union
seraient coupables de laisser filer.
Génération européenne
(page 85)
L’Europe, creuset des aspirations de la jeune
génération
L’Eurobaromètre « Jeunes Européens
»(1) le met en exergue
: les jeunes nourrissent une vision positive et optimiste
de l’Europe. Ainsi, à leurs yeux, l’Europe
est synonyme de liberté, tant d’étudier
que de travailler (90%), mais aussi de protection des
droits des citoyens (72%) et d’une amélioration
de la situation économique au sein des Etats
membres (71%). Les perceptions négatives qui
lui sont attachées sont minoritaires : la dimension
bureaucratique n’est citée que par 40%
des répondants, la crainte d’une dilution
identitaire par 35% d’entre eux.
En soi, ce fait n’est pas nouveau : les jeunes
se sont depuis longtemps révélés
les soutiens les plus fervents de l’ « idéal
européen ». Les 15-24 ans d’aujourd’hui
ne font pas exception, la correspondance étant
forte entre le creuset que constitue l’Union européenne
et les désirs d’échange et de diversité
exprimés par les jeunes.
« Coup de sonde »
Les villes européennes les plus chères
En 2007, Londres cède le titre de ville la plus
chère d’Europe à Luxembourg selon
le classement établi par Era immobilier. A Dublin
(4e position), les prix moyens des logements ont fortement
augmenté, ce qui s’explique par l’arrivée
continue de jeunes actifs et de travailleurs venus de
toute l’Europe. En revanche, l’Espagne marque
le pas après des années de croissance.
Paris occupe la 6e place avec un prix moyen des logements
de 324 840 euros. Rome (7e place) bat tous les records
de prix au mètre carré et enfin Nicosie
(Chypre) fait une percée remarquée accédant
à la 10e place du classement.
------------------
1. Eurobaromètre Flash 202 (15-30
ans) réalisé du 30 janvier au 4 février
2007.
|