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Le Pakistan de Musharraf enfin respectable ?
Olivier GUILLARD |
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| Le
Pakistan de Musharraf enfin respectable ?
Olivier GUILLARD
160 pages
Prix : 16 €
Sortie : juin 2005
Extraits de l’ouvrage :
« Démocratie mise (une nouvelle fois) entre parenthèses depuis octobre 1999, influence croissante des islamistes radicaux, implication dans la prolifération nucléaire, incidents interconfessionnels permanents, actes terroristes à répétition, état de droit très relatif : comme nous le verrons plus loin , la liste des zones d’ombre et des sujets d’inquiétude pourrait s’allonger, dressant un inquiétant panorama.
Mais le contexte post-11 septembre 2001 a imposé une brutale remise en cause. En quelques déclarations de son dirigeant suprême, le Général-Président et Chef des armées Pervez Musharraf, tout ou presque changeait »
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« Au printemps
2005, la traque d’Osama Ben Laden, soupçonné de
trouver refuge dans des zones montagneuses difficiles
d’accès, se poursuit. Cette quête
consolide un peu plus chaque jour l’association
de Washington et Islamabad, même si chacun garde
ses objectifs propres.
La puissante Amérique compte
sur son allié pour
d’autres desseins :
• faciliter
le développement
de relations avec l’Asie centrale (l’Ouzbékistan,
le
Kazakhstan
et le Kirghizistan),
• servir
de point d’appui
régional
dans l’hypothèse de tensions avec l’Iran,
• enfin,
actionner la carte pakistanaise dans l’optique
de rapports conflictuels avec
les
Etats du Golfe. » |
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| « A tort
ou à raison, la Libye, l’Arabie Saoudite
et les Emirats Arabes Unis sont régulièrement
cités parmi les sponsors possibles, à un
degré ou un autre, du programme nucléaire
pakistanais . Ce qui soulève des questions : on
voit mal l’investissement de ces nations souvent
décriées se borner au mécénat
et ne rien exiger en retour. » |
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| «Où en
serait le Pakistan en 2005 si la tragédie du 11
septembre n’avait pas eu lieu ? Ce pays fragile
ferait-il l’objet d’un traitement privilégié de
la part de la communauté internationale ? Il est
permis d’en douter. Peut-on imaginer pareille « décontraction » dans
la gestion de l’affaire Khan, si les circonstances
et la nécessité de maintenir un Pakistan
hors de l’eau ne dictaient les termes d’un
scénario favorable ? Or cet invraisemblable imbroglio
de prolifération nucléaire ne donna même
pas lieu à l’ombre d’une sanction
américaine, phénomène pourtant connu
au Pakistan »
« La fierté d’appartenir à la
province, patrie des anciens, d’être le
représentant d’un groupe ethnique, transcende
le sentiment national, très abstrait, mal identifié,
rejeté par certains (cf. séparatistes
Baloutches ; populations des zones tribales). » |
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| « Depuis
les années quatre-vingts, se déroule une
suite sans fin d’affrontements et d’attentats.
On estime à environ 4000 le nombre des victimes
de cette sanglante confrontation depuis un quart de siècle.
Explosions, exécutions, enlèvements se
succèdent dans le Sindh, le Punjab et le Baloutchistan.
Les habitants de Karachi paient un lourd tribut à cette
lutte sans merci. »
« A l’été 2003, les dirigeants
de la MMA (coalition de partis religieux sunnites – voir
détail p.128) ont obtenu le droit d’appliquer
la Charia (droit musulman) dans la province Frontière
du Nord-Ouest (NWFP) ainsi que la suprématie
d’un code pénal s’inspirant de celui
en vigueur du temps des talibans. »
« Le fait que ce soit au Pakistan que la première
chef de gouvernement d’une nation islamique, madame
Benazir Bhutto (voir détail ci-après),
ait accédé au pouvoir (1988), ne suffit à dissimuler
la difficulté de la condition féminine.
Ainsi, selon le conseiller du Premier ministre en charge
de la condition féminine, 1250 pakistanaises auraient
perdu la vie en 2004 au nom du “crime d’honneur” (Dawn,
07.01.05). »
« Il semble ainsi plus ou moins patent que la coopération
balistique entre la Corée du nord, l’Iran
et le Pakistan, remonte – à minima – au
début de la décennie 90. Une collaboration
triangulaire qui, sans l’aide technologique de
la Chine, n’aurait probablement pas pu avoir cours »
« L’implication de l’ISI dans le soutien
aux talibans, dans les diverses actions des militants
au Jammu et Cachemire, dans la crise de Kargil (avril-juillet
1999), voire dans les filières de la prolifération
nucléaire ou aux côtés de divers
courants islamistes radicaux, alimente régulièrement
les rumeurs. »
« Dans les faits, aujourd’hui encore, au
Pakistan comme en Inde, les grandes familles régnantes
d’hier continuent à jouir d’un prestige
et d’une autorité qui saisiront l’observateur.
Une étude récente de la Banque Mondiale
pointe du doigt une terrible réalité :
44% des terres arables seraient “confisquées” par
seulement 2% des exploitants. 5000 influentes familles
rurales se partagent cet imposant gâteau. Dans
ce pays essentiellement agricole, cette position implique
l’autorité quasi-directe, proche de l’absolu,
sur plusieurs millions d’individus. Une mainmise
impossible à ignorer pour le pouvoir central,
dépendant du soutien de cette caste dominante »
« Cependant, on ne peut prendre ce panorama satisfaisant
pour définitivement acquis. En effet, des points
essentiels - environnement sécuritaire, relations
entre communautés, état de droit - demeurent
critiques. Dans cette ambiance de fébrilité,
qu’adviendrait-il si une nouvelle tentative d’assassinat
sur le Président, fomentée par des forces
obscurantistes, privait le pays de son chef d’Etat
? » |
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