| Les
pays baltes
Un voyage découverte
Antoine JACOB
210 pages
19 €
ISBN : 978-2-915752-43-4
Extraits de l’ouvrage
Introduction
Quels sont ces pays baltes qui ont rejoint
l’Union européenne au 1er mai 2004 ?
Comment vivent leurs habitants, à quoi rêvent-ils,
quel héritage amènent-ils avec eux dans
notre Europe ?
Le dynamisme de leur croissance économique
a marqué les esprits, tout autant que le reflux
spectaculaire entamé en 2008. En France, la capitale
lituanienne Vilnius n’est plus nécessairement
associée dans les esprits au drame Trintignant-Cantat :
des informations propres à ce pays ont peu à
peu gommé ces souvenirs. Le fait que la ville
soit l’une des capitales européennes de
la culture pour l’année 2009 y contribuera
encore davantage. Riga (Lettonie) et Tallinn (Estonie),
quant à elles, sont desservies par des compagnies
aériennes à bon marché, qui charrient
leurs lots de touristes et de curieux.
Toutefois, l’objectif de ce livre, mieux saisir
la réalité actuelle de la région,
demeure. Au-delà des impressions touristiques
et des lectures de presse, elle reste méconnue
de ce côté-ci de l’Europe, hormis
du noyau d’aficionados qui ont trouvé là
un terrain de prédilection encore mal exploré.
L’annexion de l’Estonie, de la Lettonie
et de la Lituanie par Staline en 1940, et leur intégration
forcée à l’Union soviétique,
ont inévitablement brouillé la perception
que nous nous faisions de ces petites nations, nées
au lendemain de la Première Guerre mondiale.
Tout en haut à droite de la carte de l’Europe,
leur emplacement géographique, aux confins de
la Pologne, de la Russie et de l’espace nordique,
n’a pas contribué à une observation
régulière et durable de ces peuples qui,
eux, n’aspiraient pourtant qu’à nous
ressembler.
La longue et tragique parenthèse soviétique
étant fermée depuis 1991, les trois États
baltes ont repris tant bien que mal le fil de leur jeune
histoire indépendante. Chacun d’entre eux
avance à son rythme, avec ses spécificités,
ses atouts et ses problèmes. De loin fort semblables,
ne serait-ce qu’à cause de leur passé
récent, les trois pays ne constituent évidemment
pas un bloc monolithique d’à peine sept
millions d’habitants. Comme tous voisins, ils
sont assez différents les uns des autres. Cela
se manifeste tant dans la langue que dans la religion
et les mentalités.
(…)
Il faut aussi résoudre le dilemme identitaire
qui taraude ces nations baltes, dont les populations
décroissent peu à peu. Elles pourront
difficilement éviter de s’ouvrir davantage
sur les minorités qui vivent à leur côté.
Une telle démarche, encore impossible à
cause d’un passé douloureux trop proche,
comporte des risques. Mais il faudra un jour savoir
les prendre. Un renfermement sur soi-même n’apparaît
pas à terme une solution viable, ni pour les
uns ni pour les autres. De même, les minorités
russophones auraient intérêt à jouer
la carte de la coopération avec les autochtones
et à ne pas se laisser bercer par les manœuvres
de Moscou, dont le cynisme n’a d’égal
que l’ampleur de ses intérêts dans
la région. Pour commencer, ces minorités
seraient bien inspirées de ne pas croire que
le fait de devenir citoyen européen leur permettra
de faire l’économie d’une appartenance
à des pays qui les accueillent bon gré
mal gré.
Ce livre se veut avant tout un voyage dans les pays
baltes d’aujourd’hui. Certes, ils ne peuvent
être compris sans références à
l’histoire, dont le poids se fait sentir de manière
peut-être plus présente ici qu’ailleurs
en Europe. Mais l’idée, tout du long de
ces dix-neuf chapitres, est de privilégier les
témoignages directs, les rencontres avec des
acteurs des changements en cours ou de simples citoyens.
Certains ont disparu depuis, d’autres sont devenus
des familiers, voire des amis. La part belle sera faite
aussi à la visite de lieux symboliques, à
des choses vues et perçues au fil de voyages
réguliers entrepris dans ces pays depuis une
dizaine d’années.
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