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Retraites, en finir avec le catastrophisme.
Idées neuves contre un déclin programmé

Pierre CONCIALDI
 
 

Retraites, en finir avec le catastrophisme.
Idées neuves contre un déclin programmé.
Pierre CONCIALDI

Collection « des débats qui dérangent »

210 pages
12 €
En librairie en juin 2010
ISBN : 978-2-915752-60-1

 

Extraits de l'ouvrage

« Ce petit livre essaye de poser quelques jalons pour progresser dans la formulation d’un projet alternatif. C’est une contribution parmi bien d’autres. Elle ne s’adresse pas à un public d’experts mais essaye de restituer les principales lignes de force du débat actuel. La perspective est celle d’une réforme solidaire. On frôle le pléonasme. Car où serait le progrès si la « sauvegarde » de notre système de retraite devait se traduire par des inégalités croissantes, plus d’individualisme, davantage d’insécurité et de précarité pour les uns et toujours plus de privilèges pour les autres ?
Dans la première partie, on dresse un état des lieux de notre système de retraite. On montre que le catastrophisme n’est pas de mise. Les scénarios du futur en matière de démographie et de croissance apportent plutôt, dans l’ensemble, de bonnes nouvelles. Les mauvaises nouvelles existent, mais elles résident surtout dans les conséquences à moyen et long terme des réformes engagées depuis vingt ans. La photographie actuelle de notre système de retraite n’est pas mauvaise, même s’il subsiste de fortes inégalités à combattre. Mais le film des prochaines décennies dessine une trajectoire socialement très régressive. D’où la nécessité de réformer véritablement notre système de retraite.
La seconde partie s’intéresse au futur de nos retraites, en passant en revue diverses alternatives. On montre que les projets qui agitent les débats actuels n’apportent pas de réponse à la dégradation programmée de notre système de retraite mais conduisent, au contraire, à approfondir sa régression. Pour éviter ce scénario « catastrophe », on dessine les contours d’une réforme solidaire, fondée sur la satisfaction de besoins sociaux prioritaires et sur la nécessité de réduire la durée du travail pour parvenir au plein emploi. On montre enfin que cette perspective utopique, mais nécessaire, est tout à fait soutenable d’un point de vue économique dans le cadre des hypothèses les plus consensuelles établies dans les rapports officiels. Bref, le pire n’est pas toujours sûr. »

* * *

« On le sait, les ouvriers vivent en moyenne moins longtemps que les cadres. Ce phénomène est surtout marqué pour les hommes. A 35 ans, l’espérance de vie des cadres est de 46 ans, contre 39 ans pour les ouvriers. Cet écart s’est creusé au cours des 20 dernières années. Entre le début des années 1980 et la fin des années 1990, l’espérance de vie à 35 ans des cadres a augmenté de 4,5 ans, contre une hausse de 3,5 ans pour les ouvriers. L’écart entre les deux catégories est passé de 6 ans à 7 ans (1). Dans cette espérance de vie totale, l’espérance de vie sans incapacité occupe aussi une place plus importante pour les cadres que pour les ouvriers, quel que soit le degré d’incapacité considéré. En résumé, non seulement les ouvriers vivent moins longtemps que les cadres, mais ils passent plus de temps qu’eux avec des incapacités et des handicaps. C’est la « double peine » des ouvriers, comme le résume le titre d’une étude (2). Des écarts analogues, mais de moindre ampleur, s’observent pour les femmes. »

* * *

« Sur ce dernier point, les scénarios du COR restent très orientés. Ils considèrent en effet que la seule affectation possible des gains de productivité serait la croissance de la consommation. C’est un choix possible, mais c’est un choix tout à fait extrême. Car la productivité, ce n’est pas nécessairement le productivisme ni la consommation à outrance. La perspective de multiplier par deux le volume de la consommation en 40 ans apparaît même surréaliste compte tenu des défis environnementaux actuels. Avec les gains de productivité projetés, on pourrait consommer autant et travailler deux fois moins. Et l’on peut bien sûr envisager tout un ensemble de scénarios intermédiaires. Il n’y a aucune raison pour que ce choix soit confisqué par une vision technocratique et productiviste de notre modèle de développement. Dans une période de chômage et de sous-emploi massif, la réduction de la durée du travail est plus que jamais à l’ordre du jour.

Avec le débat sur les retraites, c’est donc un véritable choix de société qui est posé. Faut-il dans une logique productiviste et consommatrice doubler le volume de notre consommation (le nombre de voitures et de téléphones portables, par exemple) ? Ou travailler un peu ou beaucoup moins pour vivre mieux et travailler tous ? Quels sont les usages prioritaires que la société souhaite faire de cette croissance prévue non seulement pour financer les retraites, mais aussi d’autres besoins sociaux ? Telles sont les questions de fond qui sont posées à travers le débat sur les retraites. On est bien, dans tous les sens du terme, dans une question de répartition. »

* * *

« Pour compenser cette baisse du niveau des pensions publiques (non marchandes), les salariés n’ont pas d’autre solution que d’essayer de compléter leurs ressources par le recours aux ressources de marché, que ce soit à travers la constitution d’un capital…ou par leur travail.

C’est une banalité de le dire : le laminage des régimes en répartition ouvre grand la porte à la capitalisation. Pourtant, celle-ci occupe déjà une place conséquente dans les ressources des personnes âgées, environ 20 % en moyenne. Même dans un pays comme la France, qui présente la particularité de financer ses pensions quasi-intégralement en répartition, le taux d’épargne est très élevé et les revenus de la propriété représentent une part importante des revenus des personnes âgées. Du moins pour celles qui ont eu la possibilité d’épargner.

Pour les autres, il faudra bien travailler plus, même à la retraite. »

* * *

« Le débat sur les retraites pose de façon incontournable la question du partage des gains de productivité. Avec les perspectives des scénarios officiels, il n’y a guère de difficultés pour couvrir les besoins de financement de notre système de retraite. Le principal problème n’est pas le financement des retraites. C’est que ces perspectives officielles nous entraînent vers une fuite en avant productiviste et mortifère. Quand on se projette à un horizon de plusieurs décennies, il est impossible de méconnaître cette question. Il faut non seulement sortir le débat sur les retraites de sa logique étroitement comptable, mais aussi la replacer dans le cadre plus vaste des choix de société futurs, avec au moins deux questions majeures : celle du plein emploi et celle du modèle de développement futur. En d’autres termes, la question qui se pose n’est pas seulement celle du partage des gains de productivité, mais aussi celle du contenu et du rythme de la croissance. »

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1 - Christian Monteil et Isabelle Robert-Bobée, « Les différences sociales de mortalité : en augmentation chez les hommes, stables chez les femmes », Insee Première, n°1025, juin 2005.
2 - Populations et sociétés, n°441, janvier 2008.

 

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