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Menaces climatiques sur l'ordre mondial
Jean-Michel VALANTIN
 
 

Jean-Michel Valantin : menaces climatiquesMenaces climatiques sur l'ordre mondial
Jean-Michel VALANTIN

160 pages
Prix : 16€
Sortie : juin 2005


Extraits de l'ouvrage
:

«  Deux ans à peine après les attentats du 11 septembre, le conseiller scientifique de Tony Blair déclare de façon fracassante que la véritable menace n'est pas le terrorisme, mais le changement climatique déclenché par le réchauffement global. Au même moment, un rapport du Pentagone développe comment le changement climatique va entraîner une dislocation de "l'ordre mondial", et comment les Etats-Unis doivent s'y préparer, en particulier de façon militaire. »

« En octobre 2003, l'Office of Net Assessment, discret bureau d'études et de prospective du Pentagone à l'origine d'un certain nombre d'orientations stratégiques majeures depuis quarante ans, en particulier en ce qui concerne l’intégration des capacités spatiales et informatiques à l’outil militaire, publie "An Abrupt Climate Change and its Implications for United States National Security ". Ce rapport parvient à la conclusion que l'actuel réchauffement climatique global risque très rapidement de mettre en danger les capacités de chaque Etat nation à subvenir à ses besoins en nourriture, énergie et eau potable, ce qui provoquerait une montée dramatique des tensions politiques et stratégiques au niveau international. »

« La question des "réfugiés climatiques", qu'ils soient latino-américains, asiatiques, européens ou africains, est récurrente dans le rapport. En cela, le document du Pentagone prolonge les problématiques des rapports du GIEC/Onu. Or, depuis la Seconde Guerre Mondiale, la rapide avancée de la désertification, la multiplication des guerres civiles et des famines, ont déclenché de vastes mouvements de populations qui fuient leurs régions ou leurs pays, comme les nord-coréens, les vietnamiens, les cambodgiens, les éthiopiens, les salvadoriens, les rwandais, les colombiens, et bien d'autres… et se diffusent dans les pays voisins, ou sur d'immenses distances. Or, les flux de réfugiés posent des problèmes géopolitiques de grande ampleur. »

« Les libéraux sont à l’origine de l’ouverture du système américain aux problématiques du réchauffement global, du fait de leur sensibilité à l’inscription des Etats-Unis comme entité politique interdépendante des autres (bien qu’ayant un statut exceptionnel!) au sein de la société internationale. De plus, ils trouvent leur origine historique et philosophique dans les foyers de peuplement, de langage et de culture du nord-est, de Nouvelle-Angleterre et du Massaschussetts, orientés par une “europhilie” fondamentale.

Cette relative capacité d’ouverture au monde extérieur, très différente de celle des conservateurs isolationnistes du Middle West, par exemple, sensibilise l’opinion publique et ses élus aux problématiques internationales et environnementales. En effet, en développant un rapport un monde qui ne soit pas que conflictuel, ces secteurs de la société américaine appréhendent l’histoire des Etats-Unis dans son interdépendance avec le reste du monde. »

« La problématique du réchauffement global se répercute, comme tous les grands politiques et stratégiques, dans les médias, en particulier dans la littérature et le cinéma. L'industrie hollywoodienne est traversée par tous les grands débats de la société américaine, et les traduit sous formes de films qui sont autant de métaphores. De plus, les problématiques liées aux grands changements climatiques et écologiques (bien que la distinction soit artificielle) sont lourdes de potentiels dramatiques, à partir desquels de nombreux films peuvent être mis au point.

Un exemple particulièrement frappant est le Le Jour d'Après, de Roland Emmerich, en 2004. » (…) « Ce débat traverse aussi le champ littéraire. En 2004, Michael Crichton, auteur des best-sellers internationaux que sont Jurassic Park 1 et 2, Sphère, Time Line, et autres, publie State of Fear. Dans ce "thriller", il met en scène une conjuration mondiale de terroristes qui commettent des "éco-attentats", afin de donner de la crédibilité au "réchauffement global", alors que la "vraie" menace serait la naïveté des écologistes et les noirs desseins des terroristes. Le livre de Michael Crichton est frappant par son alignement et sa reprise des arguments des "sceptiques professionnels" et en particulier de Björn Lomborg. »

« Le programme nucléaire iranien qui a pour ambition de soutenir le développement national, vise à réduire dans la mesure du possible, la dépendance du pays à l’égard de son propre pétrole, alors que les besoins énergétiques de son industrie et de sa population augmentent, le bloquent dans l’équation installée par la conjugaison de la croissance de la population, des exigences de la souveraineté et de la consommation pétrolière, équation qui aggrave les phénomènes entretenant le réchauffement. Il faut alors se demander comment les Iraniens pourraient être plus sensibilisés aux nécessités de la coopération internationale formalisée depuis 1992, alors qu’en même temps, le fait du comportement nord américain et onusien les installe dans une posture d’assiégés. » (…) « Il s’agit donc d’un pays qui risque d’être soumis à une offensive militaire s’il diversifie ses ressources énergétiques, et qui peut craindre une diminution de ses revenus s’il partage la philosophie de l’interdépendance et de la solidarité entre les différents membres de la communauté internationale. Le tout dans un contexte où il se sent agressé par le principal pollueur mondial. Fondamentalement, un pays pris dans de telles contradictions stratégiques ne peut qu’avoir le plus grand mal à adhérer collectivement à la conscience de l’interdépendance environnementale globale. »

« C’est dans ce contexte politique et théologique particulier que les évangéliques s’emparent de la question du réchauffement global et de l’évolution climatique qu’il induit. Depuis quelques années, le mouvement de la “Creation care” (du soin que l’homme doit accorder à l’oeuvre de Dieu qui donne le monde à l’homme), monte en puissance. Les commentateurs parlent du “greening”, du “verdissement”, des évangéliques. L’une des voix importantes de ce mouvement, le Révérend Leroy Hedman emploie le terme de “creation care”, pour éviter celui d’ “environmentalism”, beaucoup trop entaché de “liberalism” (“progressisme”), d’esprit séculier et de proximité politique avec les Démocrates. Selon lui, “il est incroyable que les évangéliques ne se soient pas mis à l’écologie plus rapidement, mais alors que la “Creation care” se répand, les évangéliques vont exiger un comportement différent des politiciens”. La “Creation care” vient compléter la condamnation de l’avortement, la protection de la famille, et l’amour pour Jésus. » (…) « C’est un basculement idéologique, théologique, politique et conceptuel d’une grande profondeur qui s’effectue là. En 2000, plus de 45% des évangéliques se déclarent favorables à de strictes régulations environnementales, et ce taux passe à 52% en 2004. Ces statistiques ont une grande importance politique, en raison de l’activisme des évangéliques, qui sont deux fois plus nombreux à voter Républicain qu’à voter Démocrate, et qui, lors de l’élection présidentielle de 2004, ont été quatre sur cinq à voter en faveur du Président Bush jr. »

« Cette évolution personnelle d’un très haut responsable politique issu de l’Etat français (Jacques Chirac) est symptomatique de la compétition émergente entre deux conceptions du futur, et du rapport de la puissance française au monde. Les partisans d’une politique environnementaliste inspirée par une philosophie de la prévention constituent le réseau d’individus qui, à l’intérieur de l’Etat, envisagent le futur comme le temps de crises graves, qu’il vaut mieux commencer à encadrer en amont. »
 
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