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BIBLIOGRAPHIE
Ces compléments bibliographiques sont
destinés à aider le lecteur qui souhaiterait
approfondir sa réflexion à la lecture de
cet ouvrage. Ils sont réalisés par LIGNES
DE REPERES.
On peut lire avec intérêt les quelques ouvrages
suivants, cités dans Les Kurdes destin héroïque,
destin tragique :
- Olivier Roy dir. « La Turquie aujourd’hui.
Un pays européen ? »,
Le tour du sujet, Universalis, 2004
- Serge Michel et Paolo Woods, « American chaos.
Retour en Afghanistan et en Irak 2002-2004 »,
Seuil, 2004
- Karen Dabrowska, « Kurdistan : Iraq’s Silicon
Valley ? »,Kurdishmedia. com, 30 juin 2004
- Arnaud de La Grange, Thomas Goisque et Bertrand
de Miollis, « Irak. Année zéro », Gallimard
Découvertes, 2004
- Anne Nivat, « Lendemains de guerre en Afghanistan
et en Irak », Fayard, 2004
- Thierry Zarcone, « La Turquie moderne et l’islam
», Flammarion, 2004
- Hamit Bozarslan,« Histoire de la Turquie contemporaine
», La Découverte, 2004
- Stephen Kinzer, « La Turquie, une étoile montante
? », Alvik, 2003
- Pierre Jean-Luizard, « La question irakienne
», Fayard, 2002
- Amir Taheri et Patrick Wajman, « Irak, le
dessous des cartes », Complexe, 2002
- Hamit Bozarslan, « La Question kurde. Etats
et minorités au Moyen-Orient »,
Presses de Sciences-Po, 1997
- Chris Kutschera, « Le Défi kurde ou le rêve
fou de l'indépendance », Bayard, 1997
- Leyla Zana, « Ecrits de prison », Des femmes,
1995
- Hamit Bozarslan, « La question kurde », La
Documentation française, 1993
- Gérard Chaliand, « Le malheur kurde », Le
Seuil, 1992
- Elisabeth Picard, « La Question kurde », Complexe,
1991
- Gérard Chaliand dir., « Les Kurdes et le Kurdistan
», Maspero, 1978
- Didier Billon, « L'improbable Kurdistan »,
Revue internationale et stratégique,
n° 37, printemps 2000
- Isabelle Rigoni, « Turquie, les mille visages
», Editions Syllepses, 2000
- William Eagleton, « La République kurde »,
Complexe, 1991
- Sabri Cigerli, « Les Kurdes et leur histoire
», L'Harmattan, 1999
- Jean-Christophe Ploquin, « Leyla Zana, une
détermination d'acier pour la cause kurde »,
Confluences en méditerranée, n° 17, printemps
1996
- Gilles Dorronsoro, « Les Kurdes de Turquie
: revendications identitaires, espace national
et globalisation », Les Etudes du CERI, n° 62,
janvier 2000
- Hamit Bozarslan, « Le nationalisme kurde,
de la violence politique au suicide sacrificiel
», Critique internationale, n° 21, octobre 2003
- Ahmed BAMARNI, « Au printemps kurde. Moi,
peshmerga, je donne mon âme »,
Ramsay, 1999
- « Génocide en Irak. La campagne d’Anfal contre
les Kurdes », Human Rights Watch,
Middle East, Karthala, 2003
- Philippe Boulanger, « Le destin des Kurdes
», L’Harmattan, 1998
- Thérèse Bittar, « Soliman, l’Empire magnifique
», Découvertes Gallimard, 1994
- Robert Mantran (dir.), « Histoire de l'Empire
ottoman », 1989, Fayard


CHRONOLOGIE
- 1514 : bataille de Tchaldiran. L’empire ottoman,
appuyé par les kurdes, conquiert
une partie de la Perse.
- 1639 : traité de Qasr-e-Chirin. Conclu entre
les empires ottoman et perse, il marque un premier
partage du Kurdistan.
- 1890 : apparition du mouvement des « jeunes
turcs ».
- 1908 : coup d’état des « jeunes turcs »
- 1912-13 : guerres balkaniques
- 1915 : génocide arménien
-1916 : accords Sykes-Picot, partageant le Moyen
Orient entre la France et l’Angleterre.
- 1919 : chute de l’empire ottoman
- 1920 : traité de Sèvres. Début des reconquêtes
ottomanes par Atatürk.
- 1921 : révolte kurde de Kochkiri (Turquie)
- 1923 : traité de Lausanne. Proclamation de
la république turque.
- 1925 : révolte kurde de cheikh Saïd
- 1927 : révolte kurde d’Ararat
- 1932 : indépendance de l’Irak.
- 1936 : révolte kurde de Dersim
- 1941 : accession au pouvoir de Mohamed Reza
Pahlavi en Iran
La Syrie devient indépendante
- 1945 : création du PDKI
- 1946 : république kurde de Mahabad
- 1947 : création du PDK par Mustafa Barzani.
- 1958 : proclamation de la république d’Irak
- 1961 : début de l’insurrection armée des kurdes
en Irak.
- 1963 : le parti Baas accède au pouvoir en
Syrie.
- 1975 : création de l’UPK par Jalal Talabani.
Accords d’Alger entre Irak et Iran
- 1978 : création du PKK par Ocalan
- 1979 : accession au pouvoir de Saddam Hussein
en Irak
Révolution iranienne puis accession au pouvoir
de Khomeini
- 1980 : déclenchement par l’Irak de la guerre
Iran-Irak, qui se termine en 1988.
Coup d’état militaire en Turquie, avec un durcissement
de la répression des kurdes
- 1984 : début de l’insurrection armée du PKK
- 1988 : massacre de populations kurdes à Halabja
; opérations Anfal de répression des kurdes
en Irak
- 1990 : invasion du Koweït par l’Irak déclenchant
la première guerre d’Irak
- 1991 : soulèvement kurde et chiite contre
Saddam Hussein, violemment réprimé.
Résolution 688 de l’ONU, visant à protéger les
populations kurdes
- 1994 : début de la guerre civile inter kurde,
qui prend fin en 1998.
- 1999 : capture d’Ocalan par les forces de
sécurité turques
- 2000 : accession au pouvoir de Bachar El Assad
en Syrie
- 2002 : accession au pouvoir de l’AKP en Turquie
- 2003 : 2ème guerre d’Irak et chute du régime
de Saddam Hussein
- 2004 : le 17 décembre, décision d’ouvrir les
négociations d’adhésion de la Turquie à
l’UE en 2005.
- 2005 : élections en Irak, prévues en janvier.


COMPTE RENDU
Compte rendu de la conférence du CEMOTI CERI le 17 juin 2004
Le CEMOTI (Cahiers d’études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien) a organisé le 17 juin 2004 une conférence dans les locaux du CERI à Paris, consacrée aux Kurdes et la nouvelle donne régionale.
Semih Vaner s’est intéressé aux kurdes de Turquie, qui représentent 15 millions d’habitants sur 60 environ dans le pays.
Sous l’empire ottoman, les Kurdes, qui faisaient partie de l’oumma puisque islamisés, ne bénéficiaient d’aucune autonomie particulière, ni ne développaient un sentiment national. Ce dernier apparaît avec le concept d’état nation, appliqué sous sa forme autoritaire et jacobine par Mustapha Kemal. C’est d’ailleurs à partir des années 20 que se développent les révoltes des Kurdes, frustrés de ne pas bénéficier d’une quelconque autonomie interne au sein de la nouvelle république turque. A partir de ce moment, les kurdes seront niés en Turquie.
Dans les années 60, la revendication kurde se politise, à la faveur d’une certaine démocratisation et de l’exode rural, qui conduit en ville de nombreux kurdes déshérités.
La guérilla du PKK débute dans les années 70.
Au plan politique, les partis kurdes demeurent faibles, avec des scores inférieurs à 10%. Le vote kurde a récemment été récupéré par l’AKP, alors qu’un mouvement d’assimilation des kurdes se fait jour en Turquie.
Sabri Cigerli et Didier Lesaout se sont eux intéressés aux organisations kurdes. Ils ont souligné que, dans l’ensemble, celles-ci sont réticentes à revendiquer une unité kurde qui fédérerait contre eux l’ensemble des acteurs régionaux. En raison de l’éclatement kurde sur plusieurs pays règne un jeu complexe d’alliances, qui contribue à une régionalisation croissante de la question kurde. Mais ces divisions ont pu aussi sauver les kurdes !
Conçus pour faire la guerre, les partis kurdes ont peu à peu et difficilement évolué vers l’administration de territoires. Cela n’a pas empêché, en 96, de violentes luttes fratricides.
En Turquie, l’arrestation d’Ocalan en 99, suite à une probable trahison de ses soutiens grecs, a changé la donne. Très récemment, cependant, des dissensions sont apparues au sein du PKK, dont certaines factions prônent le retour à la violence. Le frère d’Ocalan milite lui pour une transformation politique du mouvement.
En Irak, la situation actuelle consacre une certaine stabilisation au profit des kurdes.
A propos des kurdes d’Iran, les seuls à avoir bénéficié d’une éphémère république, l’intervenant à rappelé qu’après un bref épisode violent, les relations entre Kurdes et Ayatollahs se sont apaisées dans l’Iran de 1979. Qu’en est il de leur intégration à la société iranienne ?
La réponse diffère selon l’origine sociale et la religion ; dans les classes populaires, l’usage du kurde tend à reculer. Chez les chiites, l’identité kurde semble reculer, alors que les sunnites protégent leur identité, notamment au sein de la famille.
Dans la nouvelle donne régionale, cependant, se développe une certaine frustration chez les kurdes iraniens, d’autant que les frontières avec l’Irak sont plus ouvertes. Ajouté à la méfiance envers les USA, cela pourrait aider à insuffler une nouvelle dynamique à la question kurde.
Le débat avec la salle a mis en lumière les éléments suivants :
La diaspora kurde est importante, surtout en Allemagne (600.000) et en France (120.000).
Si les Kurdes jouent un rôle important dans l’actuel gouvernement irakien, l’appréciation des relations avec les américains fait débat. L’idée que les USA ne laisseront pas tomber les kurdes, devenus leurs alliés majeurs devant la Turquie, ne fait pas l’unanimité. La résolution de l’ONU votée en juin et la loi fondamentale sont des épisodes incitant à la méfiance.
Tout en étant gelée jusqu’à la mise en place de nouvelles institutions en Irak, la question kurde a déjà des effets régionaux : la question kurde a resurgi en Syrie.
La présence américaine a changé la donne ; jusqu’à présent chaque pays soutenait les kurdes de son voisin et ennemi. Cela n’est plus possible. Une nouvelle ère s’ouvre au Moyen Orient pour les Kurdes.
Compte rendu établi par Lignes de repères.
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